Grace manque un peu de grâce
Je vais quand même donner mon avis sur l’état de Grace, après 3 épisodes 1/2.
Moi, j’aime bien. Je trouve cette série légère, plaisante, et facile à regarder, avec un thème original et nouveau en France, bien qu’elle souffre de quelques défauts qui expliquent sans doute en partie son insuccès.
Les défauts
- Certains détails ou certaines scènes manquent trop de crédibilité. On est dans une comédie, certes, mais lorsqu’on soigne autant les décors ou certains personnages pour coller au mieux à la réalité, ce genre de défaut passe d’autant plus mal.
Cela va du plus anodin (le Ministre des Finances en bout de table au Conseil des Ministres), à certains plus gênants : le Secrétaire Général de l’ONU qui ne ressemble à rien, la familiarité des gardes républicains… - Le coup des apartés des personnages, face caméra, est franchement raté. C’est astucieux pour donner le point de vue des autres personnages, mais tous sont trop longs (1 phrase intéressante pour 3 de blabla), et certains carrément inutiles (l’hôtesse de l’air ! qu’est ce qu’on s’en br…?)
- Allez, on balance, certains acteurs jouent très mal (un scénario qui , c’est vrai, ne les aide pas toujours) : le pire, c’est la directrice de la com’, jouée par Marie-Sohna Condé… D’autres sont assez moyennement campés, comme Jeanne (écriveuse de discours) et son garde républicain crétin…Le First Man (Frédéric Pierrot) en fait aussi un peu trop…
- La réalisation, qui si elle n’est pas détestable, est quand même très molle

Les qualités
- Les décors, très soignés, et relativement réalistes
- Certains acteurs, notamment Anne Consigny (Grâce) évidemment, et surtout Zinedine Soualem (Jean-Jacques) que je trouve vraiment très bon
- L’introduction d’éléments modernes (portable, ordinateur, blog) à l’Elysée, qui à l’heure actuelle, doit sérieusement en manquer
- Hillary Clinton Présidente des Etats-Unis !
En fait, l’Etat de Grace hésite toujours entre pure comédie, tournant en dérision les pratiques de l’Elysée en introduisant un maximum de perturbations loufoques, et douce critique de l’exercice du pouvoir soupoudrée d’une réflexion sur la pratique de ce même pouvoir par une femme.
Dans le premier cas, il faut quasiment laisser tomber tout enjeu politique ou toute référence à l’actualité. Dans le second, il vaut mieux éviter l’amant prof de golf et les SMS en Conseil des Ministres.
Il semblerait que le public n’accroche pas (moi, je compte pas, j’aurais regardé de toutes façons). La question, c’est de savoir s’il voulait juste s’amuser, et que le côté politique l’ennuie, ou qu’il apprécie la politique et ne veut pas la voir traitée de façon si désobligeante.
Pour le savoir, il n’y a qu’une solution : réessayer ! Allez, Mesdames de France 2, encore un effort ! The West Wing n’est pas loin…



Je dois dire que j’apprécie aussi la série , bien je ne m’attendais pas à une fiction aussi légère .
Par contre , je ne suis pas d’accord avec vous sur certains points , notamment sur Marie-Sohna Condé que je trouve vraiment excellente . En ce qui concerne la réalisation , c’est vrai qu’elle pourrait être plus dynamique , mais je la trouve néanmoins d’excellente facture .
Je suis moins convaicu par le scénario : aucunes indications précises sur le groupe politique de la Présidente ( c’est plutôt frileux de la part des scénaristes ) ce qui n’empêche pourtant pas un certain manichéisme ( la Droite c’est les méchants pas beaux et la Gauche les gentils ) , énormes clichés sur la grossesse ( les nausées matinales , etc ) qui sont surtout très mal exploités et des rebondissements souvent mal amenés .
La forme est belle mais le fond …
La série est néanmoins plaisante à regarder et surtout elle ne mérite vraiment pas une aussi mauvaise audience , dommage .
Je suis assez d’accord, en particulier concernant le scénario, qui fleure bon le manichéisme et la caricature (droite=méchants!)
Je ne dirais pas que la réalisation est excellente. Disons qu’elle est dans la moyenne, mais je regrette qu’une fois de plus elle ne soit pas à la hauteur de ce qui peut se faire notamment aux Etats-Unis (plans serrés, dynamisme, ellipses, etc.)
Concernant Marie-Sohna Condé… j’avoue que j’ai du mal, mais j’admets que c’est peut être le personnage et le scénario (très caricaturaux sur la com’) qui me font dire ça. Ne l’ayant pas vue ailleurs, je n’ai que ce rôle pour me prononcer, et franchement…
Premièrement, ne prenons pas cette fiction pour ce qu’elle n’est pas. Cela ne se revendique que comme divertissement (par essence large et consensuel) alors indiquer clairement une appartenance politique (donc un certain parti-pris) ferait dériver l’ensemble vers une tentative partisane. Cela dit, il est vrai que des orientations politiques se font sentir (témoin ce manichéisme que tout le monde a remarqué).
Ensuite, il est évident que certains points manquent de réalisme ; effectivement l’organisation autour de la table du Conseil des Ministres est curieuse et, finalement, la configuration des lieux l’est également (le salon Murat est une salle en longueur avec la fenêtre sur un petit côté, pas derrière la Présidence, le conseiller spécial du président n’assiste pas aux séances, cependant, les SMS pendant les Conseils des Ministres, c’est très bien vu et, pour le coup, extrêmement réaliste (pas les bip bip en revanche)).
Bref, à part ça, ça reste une fiction penchant quand même du côté de la comédie, plutôt agréable pour ma part (je ne rate pas un épisode alors que je regarde très très peu la télé en général et les séries en particulier), alors ne lui demandons pas de sortir de ce rôle ; toute prise de position plus tranchée seraient appréciée par les uns et vilipendée par les autres…
Au Canada, on ne l’a pas encore, l’Etat de Grace. Mais ayant vu Je Ne Suis Pas Là Pour Etre Aimé, je ne peux que regretter que c’est S*g*l*ne qui se présente et non point Anne C. Continuez longtemps, Madame, à nous émerveiller: en France comme ailleurs.